De la mémoire à la transmission : devenir l’ancêtre que nous aurions aimé avoir
Honorer nos disparus et redéfinir ce que nous vous transmettre.
L’automne, et plus particulièrement la période du 31 octobre au 1er novembre, nous ramène naturellement à la mémoire et parfois à la mélancolie. En médecine traditionnelle chinoise, cette saison est associée aux poumons et à la tristesse : une émotion qui, loin d’être seulement douloureuse, nous parle aussi de ce que nous avons aimé et perdu et de la place laissée par cette perte.
Si le lien entre médecine traditionnel chinoise et psychologie vous intéresse, je coanime des ateliers avec Bérénice Lubin à ce sujet suivant le rythme des passages de saison. Le prochain aura lieu à Paris 10 le samedi 31 octobre 2026.
La tristesse nous parle des pertes avec lesquelles nous apprenons à vivre. Lorsqu’une personne disparaît, ce n’est pas un seul deuil qui commence, mais une multitude : celui des moments partagés, de ceux qui n’auront pas lieu, de tous les détails de la personne, et de cette absence qui continue de se faire sentir.
Pourtant, le deuil n’efface ni l’amour ni le lien. Peu à peu, il nous invite à leur donner une nouvelle place en nous : une place faite de souvenirs, de gestes transmis, de paroles et d’une autre manière d’aimer.
Faire vivre le lien autrement
Honorer nos disparus, c’est reconnaître qu’ils ont compté et que quelque chose de leur passage demeure vivant en nous. Il ne s’agit pas de retenir le passé, mais de prendre soin du lien intérieur qui continue d’exister.
La Toussaint, célébrée le 1er novembre, s’inscrit dans ce rituel automnal. Cette célébration nous invite au recueillement, au souvenir de celles et ceux qui ne sont plus là et à l’accueil de la tristesse que leur absence peut encore éveiller.
Quels êtres chers avez-vous perdus, qu’ils aient longtemps partagé votre vie ou que vous les ayez trop peu connus ? Lorsque vous pensez à eux, peut-être reviennent une voix, un parfum, une habitude, un lieu, un trait de caractère ou un geste transmis. Même lorsque les souvenirs deviennent flous, les noms demeurent.
Des gestes simples pour honorer leur mémoire
- allumer une bougie ;
- regarder une photographie ;
- écrire une lettre ;
- préparer un plat aimé ;
- déposer des fleurs ;
- raconter un souvenir ;
- prononcer simplement leur nom.
Il n’existe pas de bonne manière de se souvenir. L’essentiel est de choisir un geste qui vous ressemble et qui laisse une place à la fois à l’amour, au manque et à la reconnaissance.
« Les disparus ne sont donc pas des disparus, ils sont une armée douce, fidèle, qui nous assure de recevoir un rayon de soleil. »
— Christian Bobin
Quel ancêtre voulez-vous devenir ?
Se souvenir de celles et ceux qui nous ont précédés ouvre une autre question : quel ancêtre voulons-nous devenir à notre tour ? Nous sommes en partie la somme de nos héritages conscients et inconscients. Notre histoire familiale colore nos croyances, nos comportements, nos activités et parfois même nos désirs de réparation.
Mais le passé ne suffit pas à nous définir. Nous avons aussi le pouvoir de choisir ce que nous souhaitons conserver, transformer ou interrompre, et de construire consciemment la lignée que nous transmettrons.
Nous avons le pouvoir d’alchimie en nous et pour notre arbre généalogique.
Faire le tri dans nos héritages familiaux
L’automne peut devenir un temps d’introspection : quelles croyances, valeurs, habitudes ou règles implicites viennent de votre famille ? Dans certaines lignées, on valorise l’excellence et le perfectionnisme ; dans d’autres, on apprend à ne pas parler de ses émotions. Ces messages forment parfois un véritable « code de lois du clan familial ».
Observez quelques-unes de ces règles dans les différents domaines de votre vie. Sont-elles encore les vôtres ?
Correspondent-elles à vos désirs profonds ?
Une famille peut, par exemple, valoriser les carrières scientifiques alors que l’un de ses membres aspire à devenir artiste.
Trois questions pour écrire la suite
- Qu’est-ce qui peut s’arrêter avec moi dans l’histoire de ma lignée ?
- Qu’est-ce que je veux construire, voir perdurer après moi ? Et est ce que mes actions vont dans ce sens, ou bien j'agis par loyauté à ma famille ?
- Quelle histoire aimerais-je que l’on raconte de moi ?
Honorer nos disparus, c’est aussi reconnaître ce qu’ils nous ont transmis. Choisir l’ancêtre que nous voulons devenir, c’est transformer cet héritage en une présence consciente : garder ce qui nourrit, laisser partir ce qui entrave et transmettre, à notre tour, ce qui a fait l'histoire et aussi la puissance de créer son propre bout d'histoire.
Vous n'avez pas à faire seul.e cette célébration de ce qui a vécu en vous et autour de vous.
Notre atelier d'automne alliant médecine traditionnelle chinoise et psychologie est une invitation à le faire ensemble dans la bienveillance du groupe.
Vous préférez être en solo, vous pouvez réserver une séance individuelle également.



